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Bâuls du Bengale
Musiciens itinérants, les initiés Bâuls parcourent le Bengale et le Bangladesh en chantant l'amour divin pour mendier leur riz quotidien. La tradition Bâul remonte au XIème siècle et a connu son âge d'or avec Chaïtanya, le grand saint bengali, chantre du dieu Krishna.
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| Portrait |
Bâuls du Bengale
"Celui qui est étourdi ou emporté par le vent" : telle est la traduction du terme "bâul", dérivé d'un nom sanscrit. Il désigne des poètes-ascètes, des fous itinérants qui chantent le divin sous toutes ses formes. Issue des courants spirituels qui ont traversé le Bengale depuis le XIème siècle (bouddhisme tantrique, soufisme, culte de Vishnou…), la tradition bâule est orale et ancestrale. Elle ignore les conventions, les dogmes, les rituels, et ses adeptes ne possèdent rien. Ils vont de village en village, mendiant leur riz quotidien en échange de leurs chants. Ce mouvement a connu son âge d'or au XVIIIème siècle, grâce à Chaïtanya, le grand saint bengali, qui raviva le culte du dieu Krishna dans tout le Bengale. Et c'est à un grand saint soufi de la même époque, Lalân Fakir, que l'on doit les plus beaux chants. Aujourd'hui encore, les poètes renouvellent le répertoire bâul, improvisant lors des festivals religieux. Les musiciens s'accompagnent d'instruments rudimentaires, qu'ils fabriquent souvent eux-mêmes, à l'aide de noix de coco, de courges ou de boîtes de conserve. Dans les villages bengalis, il est fréquent de voir un bâul homme-orchestre bardé d'instruments : l'ektara (instrument à une corde), le dughi (petit tabla en terre cuite ou en métal), le ghamok (tambour ondulatoire) voire une dotara (luth à quatre cordes), des cymbales kortal, un dubki (petit tambourin) et les inévitables grelots gunghur.Détenteurs d'une tradition ancestrale, les bâuls ont forcément attiré les chasseurs d'authentique et de sensations "100% roots". Certains ont quelque peu oublié les idéaux d'ascèse et d'humilité pour céder aux sirènes du show biz occidental. Purna Das Bâul, par exemple, s'est fait sacré "Pape des Bâuls" aux Etats-Unis. Et d'autres, dûment vêtus et coiffés pour ne pas décevoir un public avide d'exotisme ostensiblement véritable, animent des stages en Occident et font le parcours des festivals. Le tout pour une obole qui dépasse largement le bol de riz quotidien.
Magali Bergès
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| Discographie |
Bâuls du Bengale
(Compilation)
Daqui
1998 |

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| Contact |
Daquí
8, Place des Carmes Langon | FRA | 33210
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